Je suppose qu'en tant que juriste, le ministre allemand des Transports, Volker Wissing n'a eu aucune difficulté à convaincre son collègue Frans Timmermans, diplomate bien connu et Premier vice-président exécutif de la Commission européenne de la vacuité de cette expression qu'on nous ressert à toutes les sauces : "carburant neutre en termes d'émissions de CO
2".
Pour certaines personnes, cela signifie un carburant dont une des matières premières consiste en une certaine quantité de CO
2 pré-existante, CO
2 de l'air ou récupéré comme sous-produit d'un procédé industriel, qui après combustion du carburant retourne dans la nature en quantité équivalente.
Cette vision des choses est un traquenard car on ne peut envisager la neutralité en CO
2 d'un carburant qu'en prenant en compte l'ensemble du CO
2 intervenant dans sa fabrication, ce qui entre dans le carburant lui-même, ce qui en sort par combustion mais aussi tout le CO
2 "caché" dans la chaîne de production : fonctionnement des pompes, compresseurs, colonnes de distillation et de raffinage, fabrication des catalyseurs, production d'hydrogène, transport des réactifs, conditionnement, transport et distribution du produit fini et je passe sous silence le CO
2 caché dans la fabrication des nombreux appareils qui constituent la chaîne de production ou de transport et blablabla...
Pigeon vole !