Cet article de Politico fait froid dans le dos :
https://www.politico.eu/article/europe- ... -finances/
Je suis pro-européen, mais ce que je vois avec cette affaire me terrifie. La Belgique, pays fondateur, qui héberge les institutions europénnes, et attachée au compromis permettant de faire avancer le projet européen, défend une position parfaitement légitime qui, une fois n'est pas coutume, rassemble toute la classe politique : elle refuse d'utiliser les avoirs russes gelés sans garanties juridiques solides face à des risques d'arbitrage international qui pourraient mener à la faillite de l'État. Quoi qu'on pense de Bart, il agit comme un véritable homme d'Etat soucieux de l'intérêt national, au delà de son tropisme flamingant.
Mais au lieu de respecter cette prudence, on presse la Belgique, on la culpabilise, on l'accuse de "bloquer l'aide à l'Ukraine" et d'être vendue à la solde du Kremlin parce qu'on la perçoit comme faible, incapable de tenir tête, on est le "bon élève" qui doit se coucher bien docilement.
Je soutiens l'Ukraine, mais soutenir une cause noble ne justifie pas de violer nos propres règles et de risquer de graves conséquences économiques bien plus coûteuses encore que de donner à l'Ukraine par des voies traditionnelles. Si même la Belgique, coeur nucléaire du projet européen, commence à douter de l'équité du système, c'est un signal quoi doit nous inquiéter sur la dérive autoritaire de s institutions européennes.
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Et puis la Belgique et les autres pays européens qui hébergent des fonds souverains dans des chambres de compensation comme Euroclear seront perçus comme à risque. La Chine délocalise déjà ses avoirs, et il y aura des répercussions quant à la confiance vis à vis de la zone euro de la part de plein d'autres pays "autoritaires" mais riches : Inde, Pakistan, Arabie Saoudite, etc.
Conséquence : l'euro va baisser et les intérêts de la dette exploser, avant même que l'arbitrage n'ait lieu.