@ Darksky
C'est déjà plus où moins ce qui est prévu. En fait, le problème est qu'en FM une radio indépendante peut être maitresse de toute la chaine de diffusion. Elle achète son émetteur, elle installe l'antenne sur le toit du studio, est c'est parti (je caricature un peu, mais c'est l'idée). Elle peut posséder le matériel de diffusion et gère l’entretien comme elle l'entend.
En DAB, comme la diffusion est mutualisée, la radio indépendante ne peut pas diffuser de manière autonome. Elle doit "louer" une place chez un diffuseur, et ce n'est pas gratuit.
Pour les grosses radios qui sous-traient déjà plus ou moins cette activité en FM, ça ne change pas grand chose. Elles peuvent même mutualiser des frais si elles ont plusieurs programmes. Mais pour une petite structure qui était autonome en matière de diffusion, ça fait de nouveaux frais avec un "loyer" qui n'existaient pas jusqu'à présent.
Bien sur, la radio indépendante peut s'improviser diffuseur et sous-louer le reste du multiplexe aux autres indépendantes. Mais là, ça veut dire qu'il n'y a qu'une seule radio qui reste autonome. Les autres qui sous-louent restent dépendantes avec un "loyer à payer".
Autrement, plusieurs indépendantes peuvent décider de monter et financer ensemble un multiplexe. Sur le papier, c'est bien, mais dans la pratique, c'est comme une copropriété. Et il suffit de voir comment se passe une réunion dans une copropriété pour comprendre que c'est assez peu réaliste. Et si, en plus, les copropriétaires sont des concurrents ou pire, des ennemis, le multiplexe n'est pas prêt de tourner.
Reste la solution de gestion plutôt étatique qui garanti un accès à des radios indépendantes à prix réduit ou coutant sur chaque multiplexe géré par un opérateur qui s'occupe des grosses radio en obligeant les opérateurs à réserver un bout de bande passante à une radio indépendante.
Sur le papier, pourquoi pas. Dans une gestion à la suisse, pourquoi pas. Mais on est en Belgique. Ca ne reste que des gardes fous réglementaires qui peuvent changer en fonction des dogmes politiques du moment. De plus, ça reste une subvention déguisée, une sorte de passe droit. Le média qui reçoit cet avantage sera implicitement redevable de ce passe droit. Cela en fera un média sous contrôle.
Si c'est pour faire un robinet à musique, ce n'est pas un problème. Mais pour des contenus plus culturels ou informatifs, ça ne sentirait pas bon...
C'est pour cela que quel que soit le modèle qui sera choisi, à partir du moment où on est face à un modèle technique avec lequel une petite structure ne peut pas être autonome, on arrivera soit à une offre qui sera triée par l'argent (réseaux et grosses indépendantes), soit à un paysage avec des indépendantes mais tellement gavées de subventions pour rester à flot qu'elles seront incapables de survivre si, un beau jour, les subventions ne sont plus versées et qui ne seront pas éditorialement si indépendantes que ça...
