Pour prendre la défense de Viva+ (profitez-en, ce ne sera pas tous les jours), sur un format années 60/70 avec une dominante francophone, il y a des artistes incontournables qu'on se doit de programmer. De plus, comme ce sont des artistes majeurs et fédérateurs qui incarnent cette période, ils servent un peu de "produit d'appel" pour l'auditeur nomade qui, en arrivant sur Viva+, s'il ne connaît pas la station comprendra tout de suite en entendant Joe Dassin (et quelques autres souvent programmés) que c'est une radio années 60/70.
C'est une stratégie de programmation assez classique qu'on retrouve sur presque toutes les radios avec quelques artistes marqueurs dans leurs thématiques.
En revanche, là où je suis d'accord, c'est que souvent elles ne font pas beaucoup d'efforts pour varier les titres de ces artistes marqueurs. Alors que ce sont des artistes avec une grande carrière, ils se limitent à 5 ou 6 titres. A croire que ces radios essayent d'attirer un public qui n'aime pas le format en ne programmant que des titres que même ceux qui n'aiment pas connaissent quand même. Et c'est là qu'on touche à la limite de la stratégie quand elle est utilisée de manière excessive. Ça peut éventuellement avoir un effet intéressant pour provoquer une accroche. Ça fera donc monter l'audience cumulée (d'ailleurs, comme c'est ce critère qui est utilisé en France pour effectuer le classement des radios, c'est la raison pour laquelle les radios françaises sont si répétitives). En revanche, ce matraquage n'est pas bon du tout pour la durée d'écoute (et donc la part de marché qui dépend en partie de la durée d'écoute), car au force d'entendre tout le temps la même chose, l'auditeur qui aime le format (et qui est donc un peu plus pointu sur le genre diffusé) va se lasser et se barrer.
Et comme le classement d'audience, en Belgique, repose plutôt sur la part de marché, c'est pourquoi les programmations sont d'avantage travaillées qu'en France pour prendre soin de la durée d'écoute.
Après, pour le cas de Viva+, on est dans une configuration un peu particulière : c'est une toute nouvelle radio, sur un nouveau support. On peut imaginer qu'avant de travailler sur la durée d'écoute, il faut commencer par accrocher des auditeurs et faire connaître la radio et son positionnement. Donc, sur une radio naissante, il est légitime de faire une programmation avec un concentré de grosses cartouches (en lien avec sa thématique) pour accrocher le passant. Et seulement dans un 2 eme temps, une fois qu'il y a du monde dans la boutique, on change de stratégie (en variant d'avantage la programmation) pour les faire rester le plus longtemps possible.
La difficulté est de savoir à partir de quel moment on décide qu'il y a assez de monde pour passer à la 2 éme phase avant que les gens ne repartent en étant lassés. Et dans quelle proportion on applique la 2 eme phase tout en gardant une dose de la 1ere pour continuer à faire venir de nouveaux auditeurs.
Et là, je pense qu'il doit y avoir autant d'avis différents que de programmateurs... et de responsables de régies publicitaires...
Mais je reconnais que pour le cas des nouvelles radios lancées avec le DAB, c'est très délicat car on est sur un modèle de monté en puissance assez atypique grandement dépendant de la montée en puissance du taux d'équipement en DAB. Ce qui rend d'autant plus compliqué les arbitrages entre la 1ere et 2eme phase dans les stratégies de programmation.
Même si je vanne souvent la RTBF, je reconnais que pour Viva+, c'est délicat.