Comme la Wallonie, la Belgique est en faillite:
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Depuis trop longtemps, la Belgique a honte de Bruxelles-Midi. Gare sale, anxiogène, mal fréquentée, devenue symbole d'un abandon de l'autorité et du sens du service public. Malgré les promesses des politiques, et de leurs descentes médiatisées, cette honte existe encore et toujours. Mais elle gagne désormais une autre porte d'entrée du pays : Brussels Airport.
Car ce que vivent de plus en plus souvent des milliers de voyageurs à Zaventem dépasse le simple désagrément logistique. C'est une humiliation collective. Un accueil désastreux infligé à ceux qui arrivent dans la capitale de l'Europe ou qui la quittent. Des files interminables pour présenter son passeport, des contrôles saturés, des passagers qui ratent leur vol, des touristes exaspérés, des familles assises sur le sol, des bagages qui peinent à arriver… Et toujours cette même impression d'un pays qui ne maîtrise plus ses infrastructures essentielles.
Les réseaux sociaux regorgent de vidéos montrant des foules compactes ou des files qui serpentent dans un désordre inimaginable. Autant de scènes incompréhensibles pour un aéroport international censé représenter le cœur administratif et diplomatique de l'Europe.
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Les autorités invoquent des excuses, comme la récente entrée en vigueur du système biométrique européen EES, aujourd'hui suspendu. Mais le problème est bien plus profond. Même sans ce système, les files sont devenues chroniques à Brussels Airport. Le mal est structurel : déficit de policiers fédéraux, sous-dimensionnement des infrastructures, concentration absurde des vols hors Schengen au même moment de la journée, absence d'anticipation malgré une hausse continue du trafic international.
Et pendant ce temps, on demande aux voyageurs de venir toujours plus tôt. Comme si le problème venait d'eux, et non d'un échec collectif de gestion.
Quelle image désastreuse renvoyée au monde, aux institutions européennes, aux diplomates, aux investisseurs et aux touristes. Sans traitement de choc, l'aéroport national finira – comme Bruxelles-Midi – en symbole du dysfonctionnement et du déclassement belge.
Le danger, pour Zaventem, est là. Dans cette résignation qui consiste à expliquer plutôt qu'à résoudre. Or un aéroport n'est pas un détail. C'est une vitrine. Le premier visage d'un pays.
Et aujourd'hui, ce visage épuise, agace et inquiète.
Charleroi est dans le même bateau.